J'ai posé à Benjamin Peyrache la question du moment : quel signal faible surveille-t-il pour les prochaines années ? Il a commencé par l'IA, puis l'a écartée. Beaucoup de bruit, peu de vision.

Selon lui, le vrai sujet est plus ancien, et on l'entend rarement sur scène : on ne peut matcher que ce qui existe déjà.

Charly Gaillard, fondateur de Beager, arrive au même constat par un autre chemin. Deux dirigeants, deux métiers, la même conviction : on ne recrute pas seulement l'expérience, on la construit.

Au sommaire : pourquoi le directeur marketing du Groupe Adéquat pense que la pénurie n'est pas technologique, pourquoi Charly Gaillard a emprunté trois millions d'euros plutôt que d'ouvrir son capital, un retour sur Staff'In France, et trois rendez-vous d'ici le 19 novembre.

— Francine

PORTRAIT DE DIRIGEANT

On ne peut matcher que ce qui existe. Et souvent, le profil n’existe pas

Benjamin Peyrache, Chief Marketing & Communication Officer du Groupe Adéquat

Benjamin Peyrache, Groupe Adéquat

Benjamin Peyrache est Chief Marketing & Communication Officer du Groupe Adéquat depuis décembre 2016. Le groupe est né à Lyon en 1987, fondé par Jean-Marc Brun, décédé en 2023. Il opère aujourd'hui dans huit pays, avec plus de 2 100 collaborateurs et 400 bureaux et agences, selon les chiffres du groupe.

Pour lui, la pénurie est d'abord structurelle : les profils dont les entreprises ont besoin ne sont pas ceux qui existent sur le marché.

Son exemple : l'aéronautique. Un secteur attractif sur tous les critères, où les experts travaillent déjà chez les grands constructeurs. Il n'y a pas de réservoir caché de vétérans du secteur sur un jobboard. Adéquat recrute donc sur la disposition, forme, teste en mission, et aide les gens à gagner leur place.

La technologie de matching ne travaille que sur des profils déjà enregistrés quelque part dans une base de données. Elle ne fabrique pas un profil qui n'a pas encore été formé. Et l'échéance est proche : les projets nucléaires et énergétiques lancés en France demanderont une main-d'œuvre qui n'existe pas encore, et qu'il faudra reformer deux ou trois fois dans une carrière.

Même raisonnement sur la croissance du groupe, faite par acquisitions : pas d'usines, pas de machines, seulement des gens qui doivent y croire. Il juge donc d'abord la compatibilité culturelle, garde intactes les marques locales rachetées, et appelle ça chercher « de beaux mariages ».

À VENIR · AFTERWORK — 22 OCTOBRE, PARIS

Le deuxième Afterwork parisien

Prise de parole lors du premier Afterwork parisien du Talent Business Club

Le premier Afterwork parisien, en juin

Rendez-vous le 22 octobre à 18 h 30 au Kimpton St Honoré, un 5 étoiles au décor Art déco à deux pas de l'Opéra. Un format ouvert, avec une quarantaine de dirigeants de l'intérim et du recrutement attendus.

Au programme, trois dirigeants racontent leur collaboration avec les partenaires de la soirée : Index, co-organisateur, Pesia et RecOps. Une soirée pensée pour les cabinets de recrutement comme pour les agences d'intérim.

Vous avez manqué le premier, en juin ? Vous pouvez y jeter un coup d'œil ici.

Les places sont limitées pour cette nouvelle édition.

MODÈLE ÉCONOMIQUE

Il a emprunté trois millions d’euros pour garder le droit de dire non

Charly Gaillard, fondateur de Beager

Charly Gaillard, fondateur de Beager

En janvier 2022, quand les plateformes françaises de freelances levaient des fonds, Charly Gaillard a fait l'inverse : trois millions d'euros de dette bancaire pour Beager, la société qu'il a fondée à Paris en 2020. Ce qui l'a rendu possible : Beager était déjà rentable.

Ce que la dette achète, c'est l'absence de droit de veto. Pas d'actionnaire avec un agenda purement économique, et la liberté de tenir sa trajectoire. Beager est une entreprise à mission, avec des objectifs non financiers audités par un tiers indépendant.

Il est tout aussi clair sur le prix : on avance moins vite, et on n'a pas droit à l'erreur, puisque les échéances tombent quelle que soit la conjoncture.

À quoi sert cette liberté ? À facturer un taux de prise de 24 % là où il situe les autres plateformes entre 10 et 15 %, et à refuser le volume. À interroger le contexte du recrutement plutôt qu'à exécuter la fiche de poste. Et, une fois, à mettre fin à la relation avec l'un de ses plus gros clients : après une prise de référence illégale, le client avait découvert un burn-out dans le parcours d'une candidate et réclamait son historique médical. Beager a signalé le point. Rien n'a bougé. La relation s'est arrêtée.

Son argument de fond : un marché qui n'achète que de l'expérience prouvée condamne les gens à refaire toute leur vie ce qu'ils faisaient au début.

RETOUR SUR · STAFF’IN FRANCE — 1ER OCTOBRE, PARIS

Une soirée, deux panels

Le 1er octobre, le Talent Business Club était partenaire de la deuxième édition de Staff'In France, chez Woom à Paris République.

Deux panels de 45 minutes, sur la vélocité puis sur l'adoption, devant des professionnels de l'intérim, du recrutement et des ESN.

C'est exactement le genre de soirée qu'on veut multiplier en France, et on vous retrouve dès ce mois-ci : le 21 et le 22 octobre à Paris.

À VENIR · DÎNER EXÉCUTIF — 21 OCTOBRE, PARIS

Dix dirigeant·e·s autour de la table, il reste 2 places

Dîner exécutif du Talent Business Club à Anvers, 15 septembre 2026

Un dîner exécutif Talent Business Club à Anvers, en septembre

Le 21 octobre à 19h, à une table privée du Tout-Paris, l'établissement étoilé du Cheval Blanc Paris. Un dîner co-organisé avec Wiggli, pour les dirigeants et associés de cabinets de recrutement et d'agences d'intérim. Off the record, entre pairs, sans pitch.

Le format tourne : Gand le 20 octobre, Paris le 21, Rotterdam le 22. Et voici ce qui s’est passé à Anvers et à Bruxelles.

La participation se fait uniquement sur inscription confirmée. Nous ne pourrons accueillir que les invité·e·s inscrit·e·s.

À VENIR · FORUM & GALA — 19 NOVEMBRE, BRUXELLES

Le Forum le jour, le Gala le soir

Keynote au Talent Business Forum

Une édition précédente du Talent Business Forum

Troisième édition, le 19 novembre au Steigenberger Icon Wiltcher's, avenue Louise à Bruxelles.

À 15h, le Talent Business Industry Report 2026 est dévoilé en direct. Suivent dix sessions de travail en deux rounds, cinq au choix à chaque fois, pour composer votre après-midi. Parmi elles : valorisation et consolidation, à huis clos entre fondateurs. Passer de la vente d'heures à la vente de résultats. Réactiver sa base candidats. Faire avancer l'adoption de l'IA.

Le soir, la salle change d'ambiance : réception, dîner de gala, remise des prix, et after.

C'est belge, et c'est assumé. Mais c'est aussi la salle où se croisent le plus de dirigeants d'agences du Benelux en une soirée, et Bruxelles est à moins d'une heure et demie de Paris en train. Un seul pass donne accès à l'après-midi et à la soirée. Le tarif standard court jusqu'au 18 octobre.

Merci d'avoir lu Talent Business Insights. Une question pour la prochaine édition : quel profil n'existe pas encore sur votre marché ? Répondez simplement à cet e-mail. Vos réponses façonnent les prochaines éditions.

Talent Business Insights est édité par Talent Business Partners, l’espace où les entreprises trouvent, évaluent et choisissent les cabinets de recrutement et agences d’intérim avec qui travailler. Les dîners, afterworks et rencontres du secteur sont organisés par le Talent Business Club.

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